La vie ne fut pas des plus simples pour le petit garçon que l’on surnomma plus tard « Little Alekhine ». Élevé par sa grand-mère après avoir perdu sa mère morte brusquement d’une hémorragie cérébrale, brimé par ses camarades de classe qui s’amusait tant et plus à se moquer de cet étrange duvet qui lui poussait sur les lèvres, trop souvent dépassé par la réalité qui l’entourait et l’étouffait, le petit garçon avait tendance à s’échapper dans des sortes de rêves éveillés dans lesquels il rencontrait Miira, une petite fille qui un jour se retrouva coincée entre deux murs et l’éléphante Indira qui dut passer l’entièreté de sa vie au sommet d’un immeuble commercial, car personne ne put, l’éléphante ayant évidemment grandi, la faire redescendre de cet endroit où nulle sortie n’avait été prévue pour son retour sur la terre ferme.
Dès son plus jeune âge, l’entourage du petit garçon s’étonna des quelques particularités que possédait l’enfant.… Lire la suite
Yumenoshima, « L’île des rêves » est un quartier de Tôkyô constitué d’une île artificielle que l’on a construite à partir de déchets provenant de la mégalopole. La construction a débuté fin des années 1950 et son but était de trouver une solution aux problèmes des déchets de la ville.
Aujourd’hui, Yumenoshima est recouvert d’une couche de terre arable et l’on y trouve des infrastructures sportives, une serre tropicale, le Musée Fukuryu Maru, un port de plaisance, mais également une déchetterie et des incinérateurs.
À une époque, l’île-quartier accueillait également le Daigo Fukuryū Maru, un thonier japonais qui fut exposé le 1er mars 1954 à des retombées radioactives lors d’un essai nucléaire dans l’atoll Bikini.
SAKAI Shôzô, lorsqu’il ne travaillait pas, passait le plus clair de son temps à déambuler dans les différents quartiers de Tôkyô afin d’y admirer ou de critiquer par ici, un nouveau gratte-ciel ou par-là, un immeuble d’appartements de luxe que l’on était en train de construire.… Lire la suite
Quelque part dans les années 1980, d’étranges suicides surviennent à Tôkyô. Trois jeunes femmes qui ne se connaissaient pas se sont donné la mort sans raison apparente. MITA Atsuko, âgée de vingt ans, s’est jetée sur les voies de la gare de Takadanobaba, sur la ligne Tôzai du métro Eidan. Elle est morte sur le coup, renversée par l’express qui entrait en gare.
KATÔ Fumie, quant à elle, s’est mise à gravir quatre à quatre les escaliers comme si elle était poursuivie par quelqu’un, elle traversa le toit-terrasse et enjamba la balustrade, pour se jeter dans le vide. Les témoins sont formels, la jeune fille était seule, personne ne la poursuivait, son geste reste totalement incompréhensible.
SUGANO Yôko, vingt et un ans, étudiante en troisième année à l’université de jeunes filles Tôa d’Ishibashi à Tôkyô, fut renversée par le taxi de Mr ASANO Taizô, cinquante ans, domicilié à Morikami et chauffeur de taxi exemplaire depuis vingt-cinq ans alors qu’elle traversait l’intersection Midori 2.… Lire la suite
Publié le 20 février 2013 par Pierre C. dans la catégorie :
Policier
À trois heures du matin le 12 mai, il faisait sombre et froid à la gare de Kamata. Un jeune mécanicien fait ses dernières vérifications avant le départ du premier train de la ligne Keihin-Tôhoku, lorsqu’il tombe nez à nez avec le cadavre d’un homme au visage complètement écrasé. L’autopsie révélera que la victime âgée d’environ 55 ans avait ingurgité des somnifères accompagnés d’alcool avant d’être étranglée et frappée à coups de pierre ou de marteau aux alentours de minuit. L’un des enquêteurs rapidement chargés de l’affaire apprit que l’homme, accompagné d’une autre personne, avait été vu la veille au soir dans un bar proche de la gare et qu’il était originaire de la région du Tohoku (région du nord-est de l’île de Honshū, l’île principale du Japon).
L’enquête est mise sous la responsabilité du talentueux et marginal inspecteur IMANISHI Eitarô qui très vite conclut que la victime, en raison de son accent de Tohoku, devait provenir de la petite ville de Kameda.… Lire la suite
Publié le 29 janvier 2013 par Pierre C. dans la catégorie :
Nouvelles
Dans ce recueil de quatre nouvelles publiées au Japon entre 1953 et 1964, YOSHIMURA Akira décline cruellement la mort, thème qui lui est cher et qu’il transcendera tout au long de sa carrière littéraire.
Dans « L’arc-en-ciel blanc », il nous conte l’histoire d’Ayako et Toshisuke, un couple étrange qui n’arrive pas à concrétiser charnellement leur amour. Ayako passe ses nuits éveillée à l’écoute de sa mère morte deux ans auparavant et qui semble venir hanter la maison conjugale sans aucune raison apparente. Toshisuke, qui est au courant, ne se tracasse pas outre mesure, jusqu’au jour où Ayako se met à avoir des vomissements inexpliqués et à avoir le teint aussi pâle qu’un fantôme.
La nouvelle « Un été en vêtement de deuil » nous plonge dans l’univers espiègle et cruel de deux jeunes enfants, Kiyoshi et Tokiko. Kiyoshi vit, depuis la mort de son père, avec sa grand-mère, une femme acariâtre qui semble cacher un secret qu’il compte bien découvrir un jour ou l’autre.… Lire la suite
En juin 1981, SAGAWA Issei, un jeune Japonais de 32 ans exilé à Paris pour y suivre des études de littérature comparée, tue une jeune Néerlandaise de 24 ans, Renée Hartevelt, pour ensuite la manger partiellement. Deux jours plus tard, il est arrêté par la police française et mis en détention préventive. Trois psychiatres le déclarent irresponsable de ses actes et il est transféré à la salle Henri Colin de l’hôpital psychiatrique de Villejuif. En 1985, il est expulsé vers son pays d’origine et transféré à l’hôpital Matsuzawa à Tôkyô où il est jugé responsable de ses actes par le Dr Tsuguo Kanego. Mais la justice française l’ayant déclaré irresponsable, SAGAWA ne sera plus jamais incarcéré et restera en liberté surveillée.
C’est après avoir reçu une lettre de celui qui fut surnommé « L’étudiant français » ou encore « Le cannibale japonais » que KARA Jûrô décida de publier son premier roman, lui qui était plus habitué à travailler dans le milieu du théâtre.… Lire la suite
Publié le 24 novembre 2012 par Pierre C. dans la catégorie :
Roman social
Pour écrire « Le quartier sans soleil », TOKUNAGA Sunao s’inspira de la grande grève de l’imprimerie Kyôdô qui se déroula en 1926 à Tokyo et à laquelle il fut partie prenante ainsi que 3 000 de ses congénères. Cette grève hors du commun se transforma en une lutte acharnée et féroce des travailleurs de l’imprimerie contre les patrons groupés dans l’Association des Imprimeurs de Tokyo. Au départ simple grève d’ouvriers voulant faire reconnaître leurs droits, cette lutte se transforma assez rapidement en un combat cruel et sanglant entre des êtres humains « casés » principalement dans le quartier sombre et lugubre de Koishikawa à Tokyo et le monde économique et politique du Japon au début du 20e siècle.
Autour de cette grève naît une solidarité nationale sans précédent. Pour soutenir les grévistes, de l’argent est récolté un peu partout dans le pays et acheminé par des membres des organisations révolutionnaires de Hokkaidô et d’Osaka, tout cela en défiant la surveillance toujours plus accrue de la police.… Lire la suite
Takuji mène depuis huit ans une vie presque normale avec son fils Yûji, et ce malgré le décès de son épouse Mio. Le jeune père célibataire tente de réconforter son fils en lui expliquant que sa maman vit désormais sur la planète Archive, une planète créée au même moment que la terre, où il règne un calme absolu et où se rendent les défunts afin de pouvoir penser à ceux qu’ils ont dû abandonner sur terre.
Avant de disparaître, Mio avait fait une promesse à son mari : lorsque la saison des pluies serait de retour et après un laps de temps encore inconnu, elle reviendrait sans faute voir comment ceux qu’elle fut obligée de quitter se débrouillaient. Et c’est ce qui arriva un beau jour au début de la saison des pluies ; sans crier gare, Mio quitta Archive pour rejoindre les deux êtres qu’elle n’avait jamais pu oublier.… Lire la suite
Ikuta est une petite ville du Japon où le calme et la nature luxuriante font de l’endroit un réel havre de paix. 35 000 habitants y vivent tranquilles et isolés du monde. À Ikuta, se trouve également un asile de fous situé dans l’enceinte même du temple Jôkô-ji construit au sommet d’une colline. Un hôpital qui accueille des aliénés abandonnés par leurs familles qui ne savent plus comment gérer leurs proches. Le seul lien qui relie véritablement le village d’Ikuta à son asile, est le son de la cloche que seuls les pensionnaires ont le droit de mettre en branle.
C’est cet établissement qui recueillera KIZAKI Inéko, une jeune femme souffrant d’une pathologie rare. Hisano, son amant, et la mère de la jeune femme se sont décidés à la confier à cet asile réputé dans l’espoir de la guérir et de pouvoir ainsi concrétiser leur plan de mariage.… Lire la suite
C’est lors de la préparation du treizième anniversaire de sa fille Mitsuba que Yûko, une jeune femme originaire de Kobe, se remémore le cours de sa vie et plus spécifiquement son mariage avec SUMIDA Takashi, le fils du président de la banque SUMIDA, une des banques des plus prestigieuses de Tokyo. Alors qu’elle comptait épouser T. Aoki, un shôsha-man typique (un shôsha-man est un employé de firme commerciale), qu’elle aimait ou, du moins, pensait aimer, un revirement de situation la décide au dernier moment à épouser le fils SUMIDA, un revirement dû essentiellement à la position sociale du fils SUMIDA et qui changera totalement le cours de sa vie.
C’est à l’époque de l’annonce de leurs fiançailles que Yûko découvre qu’elle est enceinte. Non pas de son futur mari, mais bien de T. Aoki. Pour elle, la question de l’avortement ne se pose même pas et annoncer franchement l’événement à son fiancé lui paraît la meilleure chose à faire afin d’éviter que sa future vie matrimoniale ne débute sur un énorme mensonge.… Lire la suite