« Une carte pour l’enfer » de MIYABE Miyuki

Mon avis : ★★★★★★☆☆☆☆ 


Ce que l’on demande à un bon roman policier, c’est qu’il nous tienne en haleine du début jusqu’à la fin, que l’intrigue tienne le coup et qu’elle ne soit pas trop tirée par les cheveux, qu’elle soit réaliste. La littérature policière n’est pas une littérature qui demande beaucoup de soin au niveau de l’esthétique, la beauté intrinsèque de la littérature japonaise (la rêverie, la pureté,…) ne rentre pas vraiment en compte dans ce genre de littérature. Et c’est exactement ce à quoi se livre Miyuki dans « Une carte pour l’enfer », seul l’intrigue est importante, il n’y a aucune recherche de style ; mais ce livre est réellement captivant.

L’histoire est celle d’un policier d’une quarantaine d’années, Honma, qui après un accident, se voit provisoirement sans travail. Mais malheureusement ou heureusement pour lui, une nouvelle enquête, plus privée celle-ci, va lui tomber dessus sans prévenir. Le fils de son épouse décédée il y a peu, vient lui aussi de perdre sa fiancée, mais d’une toute autre manière, elle a disparu sans laisser la moindre trace. Désemparé, il vient demander l’aide de son beau-frère qu’il n’a plus vu depuis une éternité, mais son désarroi l’emporte sur sa timidité et il vient expliquer cette étrange disparition à Honma qui voit d’abord d’un mauvais œil ce travail inattendu. Mais bon, la famille passe avant tout et il se met de suite au boulot. Boulot qui s’avère immédiatement plus difficile que prévu, puisque dès le départ de son enquête, Honma se rend compte qu’il y a un problème sur l’identité réelle de la disparue. Honma, malgré sa récente blessure à la jambe, se verra obligé de parcourir le Japon à la recherche d’une personne qu’il n’a jamais rencontrée et qui semble avoir menti sur sa propre identité et qui en fait est peut-être une autre.

« Une carte pour l’enfer » est donc un bon roman policier mais est loin d’être un grand roman. Les personnages n’ont malheureusement aucune personnalité, on les confond régulièrement, MIYABE ne prend jamais le temps de les décrire, que ce soit physiquement ou psychologiquement, aucun n’a vraiment de caractéristiques propres, tous les noms se mélangent, ce qui rend le récit beaucoup trop saccadé, un peu plus de fluidité n’aurait pas fait de tort.

Mais le personnage principal de ce roman, et c’est ce qui fait toute l’originalité de ce récit, est un objet que tout le monde connaît, un objet omniprésent dans nos sociétés contemporaines, un objet minuscule et qui n’a l’air de rien, mais qui est capable de faire tomber quiconque dans une spirale infernale comme n’importe quelle drogue dure : la carte de crédit.

« Une carte pour l’enfer » est donc plus un roman policier écrit par une japonaise qu’un roman policier typiquement japonais.

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