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« Chansons populaires de l’ère Showa »

MURAKAMI Ryû
« Chansons populaires de l’ère Showa » de MURAKAMI Ryû

« Chansons populaires de l’ère Showa » de MURAKAMI Ryû

Mon avis : ★★★★★★★☆☆☆ 

Ishihara, Nobue, Yano, Sugiyama, Katô et Sugioka sont une bande de jeunes garçons qui ont pris l’habitude de se réunir de temps en temps dans l’appartement de Nobue dans le quartier de Chôfu dans la Préfecture de Tokyo. Leurs seules occupations sont de boire, de manger et parfois de se lancer maladroitement dans un petit karaoké. Des réunions typiques d’adolescents désœuvrés qui ne se soucient ni des autres ni de leur propre avenir.

Mais un jour, sans aucun signe annonciateur, tout dérape. Après une de leurs réunions quelque peu arrosée de bières et de saké, Sugioka rencontre, sur le chemin du retour, une femme qu’il ne connaît absolument pas, mais qui éveille chez lui d’étranges pulsions à la fois sexuelles et violentes. Il décide de la suivre, et au moment où il arrive à la rejoindre, il sort son couteau Güstag et l’égorge. Personne ne sera présent pour le voir s’éloigner ricanant niaisement.

Cette femme assassinée sans raison fait partie d’un groupe de copines toutes divorcées et ayant le même prénom : Midori. Elles sont toutes proches de la quarantaine, ont eu plus ou moins le même parcours et ont décidé un beau jour de se voir sporadiquement afin d’échapper à leur lourde solitude. La victime se nommait Yanagimoto Midori et ce fut la pauvre Henmi Midori qui découvrit par hasard son corps sans vie. Très rapidement, les cinq femmes découvrent qui est le responsable de ce crime lâche et apparemment gratuit et décident de venger le plus rapidement possible leur amie. Une longue et surréaliste guérilla commence dès lors entre ce groupe de femmes dépitées et ces garçons passablement attardés, mais prêts à tout pour ne pas se laisser faire.

Le lecteur habitué aux œuvres de MURAKAMI ne sera pas surpris par les thèmes de « Chansons populaires de l’ère Showa », mais le sera sans doute plus par son style. La trame narrative chaotique habituelle de l’auteur japonais laisse ici place à un style beaucoup plus fluide et lisse assez surprenant. La narration est très proche du scénario de films ou même du manga. Présentation des personnages succincte, un élément déclencheur et la suite s’enclenche avec une rapidité étourdissante et hallucinée digne des films de réalisateurs tels MIIKE Takashi durant les années 1990 ou encore du mangaka OTSUKA Eiji.

Le livre a été écrit en 1994, période durant laquelle MURAKAMI Ryû ne cessait de clamer que le Japon en général et sa jeunesse en particulier fonçaient droit sur un mur en béton armé. Pour lui, toute la société japonaise ne cesse d’être remise en cause et est continuellement en perte de ses propres valeurs fondamentales. Dans ce roman, il nous parle d’une jeune fille expliquant à l’une des femmes du clan « Midori » que les filles de son âge n’écrivent plus le nom des garçons en kanji (caractères chinois utilisés dans l’écriture japonaise), mais en katakana (caractères utilisés, entre autres, pour les mots et noms propres étrangers), ce qui est une réelle révolution dans les convenances japonaises, convenances qui semblaient immuables et qui sont mises à mal depuis les années 1980.

On peut dire que « Chansons populaires de l’ère Showa » est un livre très japonais, que ce soit dans la forme ou le fond. Il y a beaucoup d’humour dans ce livre, mais l’humour a des frontières et tout le monde ne pourra pas comprendre cet humour typiquement japonais ; ce qui risque de rendre ce roman presque incompréhensible pour certains. Ce roman hybride est un concentré d’humour, de sexe cru, de violence gratuite, de critique envers la société japonaise et d’un chaos social et psychologique typique de l’œuvre de MURAKAMI. Mais il y a une différence flagrante par rapport à ses autres romans ; ici, le style est très vif et le fond assez peu prédominant. MURAKAMI semble s’être amusé à écrire ce roman alors que dans ses autres textes, la souffrance semble être sa seule et unique muse.

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