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« Du sang sur la toile »

MIYABE Miyuki
« Du sang sur la toile » de MIYABE Miyuki

« Du sang sur la toile » de MIYABE Miyuki

Mon avis : ★★★★★★★☆☆☆ 

Dans la banlieue de Tokyo, un homme est retrouvé lardé de vingt-quatre coups de couteau. Seule témoin, une femme de cinquante-deux ans, FUKADA Tomiko qui dit avoir entendu près de chez elle, dans le quartier de Yamano, un cri de femme durant la nuit.

C’est assez peu, mais le DPM (Département de la police métropolitaine de Tokyo) se met immédiatement au travail. La victime est un certain TOKORODA Ryôsuke, en apparence un bon père de famille sans histoire. Après quelques recherches, la police découvre que ce crime pourrait être lié à une autre affaire toujours non élucidée concernant une jeune femme, IMAI Naoko, qui fut retrouvée plusieurs jours auparavant étranglée sur son lieu de travail.

La police soupçonne assez rapidement une mineure d’âge nommée A, mais durant leur enquête, il s’avère que TOKORODA semblait vivre une vie parallèle sur Internet. Insatisfait de sa famille « réelle », l’homme s’était créé une famille virtuelle sur la toile afin de compenser ses déceptions familiales.

MIYABE Miyuki, comme dans son roman « Une carte pour l’enfer », met en garde ses lecteurs contre les facilités octroyées à tout un chacun par la société contemporaine. Dans « Une carte pour l’enfer », la carte bancaire finit par altérer la personnalité des personnages, ce qui les conduit dans d’inextricables situations sociales. Dans « Du sang sur la toile », elle se penche sur le plus grand véhicule social qu’est devenu Internet. Les réseaux sociaux ont complètement changé la donne des relations entre êtres humains. Et à vouloir jouer avec le virtuel, le vrai faux, le parallélisme, on risque d’en oublier les vraies raisons des relations humaines et de créer un monde qui risque de s’avérer plus puissant et dominateur que son créateur.

Dans les faux-semblants et les fausses pistes, MIYABE Miyuki est incontestablement une experte. Elle est non seulement capable de nous égarer dans une histoire alambiquée que l’on tente à tout prix d’élucider, mais ses moyens littéraires sont également à la hauteur. Elle arrive à créer des personnages que l’on pense connaître, mais qui ne sont que le reflet d’un monde imaginé. En quelques coups de plume, elle nous dessine à la perfection un personnage, un lieu, une situation. Sa façon d’écrire est très visuelle et cinématographique. La quasi-totalité de son roman se passe dans une salle d’interrogatoire et l’on sent continuellement la présence de tous les protagonistes, on passe d’une pièce à l’autre à tout bout de champ, on fait l’aller-retour au travers de cette fameuse vitre sans tain, on croit tout le monde, on se fait berner par tout le monde. Tout est rapide et psychologiquement tendu. L’intégration de texto tout au long du roman est également un excellent moyen de rendre le récit confus au début et progressivement de plus en plus limpide.

Ce roman policier original et confondant confirme le talent de MIYABE Miyuki qui fait indubitablement partie des plus grands écrivains policiers japonais contemporains.

Petit bémol cependant pour le titre ridicule et « accrocheur » du livre. « Du sang sur la toile », la toile étant le web, bien sûr. Le titre original étant « Shadow Family » (La famille de l’ombre) qui représente bien plus l’idée intrinsèque du livre que le titre choisi par les Éditions Picquier.

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