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« Echos illusoires du luth, suivi du Goût en héritage »

NATSUME Soseki
« Echos illusoires du luth, suivi du Goût en héritage » de NATSUME Soseki

« Echos illusoires du luth, suivi du Goût en héritage » de NATSUME Soseki

Mon avis : ★★★★★★★★☆☆ 

 « Echos illusoires du luth »

Un jeune étudiant (Yasuo) vient rendre visite à son vieil ami Tsuda pour lui parler des dernières nouvelles de sa vie. Il vient enfin d’obtenir un chez-soi et il n’en est pas peu fier. Tsuda remarque tout de suite que son ami se ballade avec un livre ayant pour sujet les fantômes, ce qui l’intrigue au plus haut point. L’étudiant lui explique alors que sa vieille voisine, femme apparemment sous l’influence d’un gourou, est assez inquiète pour lui puisqu’elle est persuadée qu’un esprit mauvais rode aux alentours et qu’il paraît être prêt à lui en faire voir de toutes les couleurs. L’étudiant qui jusqu’alors ne prêtait aucune attention à ces balivernes, se met à douter de lui-même et des gens qui l’entourent, ce qui l’amène à venir demander à son meilleur ami quelques renseignements et conseils.

Récit haut en couleurs et rempli d’humour subtil d’un des plus grands écrivains japonais du début du vingtième siècle, « Echos illusoires du luth » nous emmène dans un monde cocasse où le surnaturel est mis à mal par l’esprit cartésien de ses protagonistes. Récit qui met en évidence pour notre plus grand bonheur la naïveté de la jeunesse qui se retrouve catapultée dans le monde des responsabilités.

« Goût en héritage »

Le 5 septembre 1905 voit se terminer la guerre très meurtrière qui opposa les Russes aux Japonais. C’est à cette époque que se déroule « Goût en héritage », une des plus belles œuvres de NATSUME Soseki qui met en scène un homme qui, lors du retour des troupes japonaises de Mandchourie, se rend compte qu’il ne pourra plus jamais entendre la voix de son meilleur ami Ko, qui malheureusement, dans un acte de bravoure inouï, perdit la vie durant ces combats qui firent plus de 70 000 morts du côté japonais.

Pour rendre hommage à son cher disparu, il se rendra de temps en temps chez la mère de Ko qui, bien évidemment, reste inconsolable. Mais après avoir aperçu une mystérieuse et superbe jeune femme qui se rendait au pied de la tombe de son ami disparu, il lui vient l’idée de le faire revivre en menant ses propres recherches sur le passé de Ko. Qui est cette jolie jeune femme, qu’est-elle venue faire dans ce cimetière avec son air subtilement mélancolique, comment est-il possible que son ami ne lui ai jamais parlé d’une éventuelle rencontre amoureuse ? C’est ce que notre héros tentera d’élucider par tous les moyens possibles, et ce n’est ni la gêne de remuer le passé d’un mort, ni les crises de larmes intarissables de la mère qui pourront l’en empêcher.

Superbe nouvelle que nous offre ici NATSUME qui a le pouvoir de nous faire rire aux larmes tout en nous mettant en face d’une situation qui n’a rien d’hilarant. Tout en se moquant de la mère éplorée, il arrive à nous la rendre touchante. Tout en nous décrivant le retour aux pays de centaines de militaires qui ont connu la guerre et toutes ses atrocités, SOSEKI est capable de s’éterniser sur la difficulté du héros à prononcer le mot « Bansaï » (que l’on pourrait traduire en français par « Hourra ! ») et de mettre au second plan ce grand événement qu’est le retour des troupes pour laisser place à cette si grande difficulté de pouvoir montrer et exprimer sa propre joie.

L’écriture est très vive et subtile, une réelle leçon de littérature sans artifices comportant un humour très personnel et incisif.
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