• S'inscrire
    Place the shortcode from 'Easy MailChimp Forms' plugin at the
    'Theme Option > General > Overall Elements > Top Bar' section
  • S'identifier

« Kyoko »

MURAKAMI Ryu
« Kyoko » de MURAKAMI Ryu

« Kyoko » de MURAKAMI Ryu

Mon avis : ★★★★★★★★☆☆ 

 Kyoko est une jeune Japonaise qui, un jour, eut la chance de rencontrer un militaire américain d’origine cubaine : José Fernando Cortés. Ce GI, qui s’était engagé dans l’armée pour pouvoir rester aux Etats-Unis lui apprit à l’époque tous les secrets de la danse de son pays. Elle avait à l’époque 8 ans et ne se rendait pas compte que ce José allait lui sauver la vie. La danse allait lui permettre de surmonter toutes les douleurs et mauvaises surprises que la vie lui réserverait. C’est à l’âge de 21 ans qu’elle se décide à prendre l’avion pour les Etats-Unis afin de retrouver son ancien professeur et de tout simplement le remercier.

Mais à son arrivée dans ce pays qui lui est totalement inconnu, les choses vont très rapidement se compliquer. José semble avoir complètement disparu de la circulation. C’est alors qu’elle rencontrera un chauffeur noir qui sans trop savoir pourquoi lui proposera ses services afin de l’aider dans sa recherche qui, pour une jeune et jolie Japonaise, risque de tourner à la catastrophe.

Comme le dit MURAKAMI lui-même, ce livre est exceptionnellement exempt de toute violence, sexe, sadomasochisme ou autres drogues, ce qui est effectivement très rare dans son œuvre. En fait, ces sujets sont plutôt mis de côté et n’entrent pas en compte dans la trame narrative du récit. On y parle un peu de drogues, mais il ne se sert de ce sujet que comme simple moyen d’introduire une rencontre parmi toutes celles que Kyoko fera durant ses recherches. La violence par contre y est constamment présente, mais c’est une violence tacite et sociale, et non brute et crue comme dans la plupart de ses romans. C’est cette violence terrible que les sidéens rencontrent chaque jour lors de leurs tentatives de retour à la vie sociale normale. Cette violence engendrée par la haine que les gens non atteints du virus du sida entretienne envers ces nouveaux malades « honteux ».

Outre la thématique pénible du sida, MURAKAMI nous offre la chance de nous plonger dans un brassage culturel total : cela va du chauffeur noir au Cubain mal luné et totalement asocial, en passant par le petit afro-américain délinquant qui n’a jamais vu d’Asiatique de sa vie et qui ne pense, comme la plupart des gosses américains, qu’à faire le malin en possédant une arme pour épater ses copains. Belle galerie de portraits que nous dresse ici le « punk » MURAKAMI qui s’amuse à nous peindre tous les stéréotypes que l’on peut avoir envers les différentes races qui composent la société américaine. Roman très tendre et triste dans lequel l’auteur nous décrit subtilement la relation que peut entretenir une jeune Japonaise avec son mentor qui vécut si longtemps sans savoir qu’il n’avait jamais vraiment quitté le territoire japonais en restant présent dans le cœur de son ancienne élève.

Ce roman est très agréable à lire du fait que l’histoire de Kyoko est observée et racontée par les différents protagonistes qui se relaient et qui nous offrent à chaque chapitre une vision différente du récit, ce qui lui donne parfois une dimension plutôt humoristique. « Kyoko » est également un ovni dans l’œuvre de MURAKAMI puisqu’il est assez fluide et linéaire, alors que dans la plupart de ses livres, l’écrivain se plait à déstructurer son récit et à rendre son univers particulier très chaotique.

Kyoko sur Amazon.fr

Et vous, quel est votre vote ?
[Total : 1    Moyenne : 7/5]

Laisser une réponse