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« La femme de Seisaku »

YOSHIDA Genjirô
La femme de Seisaku de YOSHIDA Genjirô

« La femme de Seisaku » de YOSHIDA Genjirô

Mon avis : ★★★★★★★★☆☆ 

Dans le village de N., toutes les discussions tournent autour du futur mariage de Seisaku. En effet, le jeune homme le plus admiré du village a prévu de se marier avec la très belle Okané, ce qui bien évidemment engendre une jalousie féminine collective sans précédent. Tout le monde s’accorde à dire que ce mariage est une aberration vu le passé douteux de la jeune femme.

N’ayant cure de tout ce que les gens peuvent raconter à leur sujet, les deux amoureux se marient et vivent leur vie comme bon leur semble. Mais après quelques années de vie commune, les sinistres nuages d’une guerre imminente commencent à remplir le ciel limpide de leur idylle. Du jour au lendemain, Seisaku et les autres hommes du village risquent d’être enrôlés sans aucune forme de procès afin de défendre le pays. Okané trouve cette situation insupportable alors que Seisaku sait qu’il sera appelé et s’est depuis longtemps fait à l’idée ; ce n’est plus qu’une question de temps.

Le jour tant redouté arrive, Seisaku, comme beaucoup d’autres, part en guerre, mais après s’être porté volontaire pour une mission extrêmement dangereuse, le jeune soldat est blessé et rapatrié dans son village natal. Okané, malgré les blessures de son mari, est aux anges d’avoir pu le récupérer vivant, mais elle ne sait pas encore que tous ces événements, à la fois heureux et malheureux, ne sont que le début de ce qui deviendra le pire cauchemar de sa vie.

YOSHIDA Genjirô fut un écrivain extrêmement prolixe durant le début du 20e siècle, mais malheureusement il est extrêmement méconnu hors de son pays d’origine. « La femme de Seisaku » est le seul livre de l’auteur traduit en français, et vu la manière dont YOSHIDA Genjirô maîtrise la nouvelle, c’est vraiment à déplorer.

En quelques traits de plume, il nous immerge dans l’ambiance d’un village japonais des années 1900 avec ses querelles ridicules, ses jalousies et ses cancans, pour ensuite, et sans qu’on s’en aperçoive, nous plonger dans l’ombre d’une guerre naissante et dans l’inquiétude latente de toute une population isolée. Sans nommer cette guerre, vu l’époque, on peut aisément l’identifier comme le conflit russo-japonais qui se déroula de 1904 à 1905. Mais ce sont plutôt les dégâts collatéraux qui sont mis en évidence dans ce récit, dégâts psychologiques frôlant la folie humaine et décrits merveilleusement par YOSHIDA dans un style romantique poussé à l’extrême et d’une sensibilité hors du commun.

Cette nouvelle a également inspiré un film de MASUMURA Yasuzo (un habitué de la réalisation de films tirés d’œuvres littéraires) en 1965 ; ce qui prouve, s’il le fallait encore, la densité de cette nouvelle d’à peine 60 pages.

Lien vers l’éditeur : Stalker

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