• S'inscrire
    Place the shortcode from 'Easy MailChimp Forms' plugin at the
    'Theme Option > General > Overall Elements > Top Bar' section
  • S'identifier

« La prière d’Audubon »

ISAKA Kôtarô
« La prière d’Audubon » de ISAKA Kôtarô

« La prière d’Audubon » de ISAKA Kôtarô

Mon avis : ★★★★★★☆☆☆☆ 

Itô, jeune informaticien désabusé et récemment au chômage, ne trouve rien de mieux que de braquer une supérette afin de remettre les compteurs à zéro et de démarrer une nouvelle vie. Bien évidemment, il échoue lamentablement, se fait rapidement arrêté par la police et finit par s’évanouir.

À son réveil, il découvre qu’il n’est pas au poste de police, mais sur une île qu’il ne connaît absolument pas. Un homme, Hibino, lui explique qu’il se trouve à Ogishima, une île proche de Sendai et de la péninsule d’Oshika. Cette île vit depuis 150 ans en totale autarcie. C’est à cette époque que le Japon s’ouvre au reste du monde, mais les insulaires de l’époque décident de rester coupés du monde extérieur.Hibino lui propose de lui faire visiter l’endroit, ce qui marquera le début d’une aventure des plus étranges pour ces deux nouveaux amis.

Au premier abord, l’île semble paradisiaque à Itô, mais il se rend rapidement compte que l’isolement imposé à ses habitants n’a rien d’une sinécure. Il rencontre des personnages aussi étrange que Sakura, un poète amoureux des fleurs qui fait justice lui-même avec l’approbation tacite de tous les habitants de l’île, Sonoyama, un peintre qui, depuis la mort de sa femme, ne parle plus qu’en disant le contraire de ce qu’il pense, une fillette qui passe le plus clair de son temps allongée afin d’écouter la respiration de la terre et enfin Yûgo, un épouvantail doué de la parole et ayant le pouvoir de prédire l’avenir. Celui-ci est depuis plus d’un siècle sur l’île et est considéré comme un oracle et un sage.

Itô débarque donc contre son gré comme un étranger sur l’île et, même s’il s’adapte rapidement, sent qu’il n’a rien à y faire et la tentation de quitter l’endroit au plus vite commence à le tarauder.

L’idée d’une île isolée, inconnue de tous, avec ses habitants vivant en complète autarcie proche de la région de Sendai (métropole située au nord-est de Tokyo) est sans aucun doute une idée très intéressante et prometteuse. Mais ISAKA ne profite pas de cette idée géniale d’une île n’ayant eu aucun contact avec le reste du monde depuis 150 ans pour faire une comparaison entre la vie d’un peuple authentique et d’une société contemporaine surévoluée, ce qui aurait été assez facile à réaliser au Japon, pays très divisé du point de vue économique et social. Il se contente de baser son récit uniquement sur l’île et même s’il fait quelques brèves incursions dans le monde contemporain, celles-ci sont bien trop courtes et timides.

Outre cette occasion manquée, la narration est assez chaotique dans ce roman d’ISAKA. La linéarité du récit est constamment mise à mal, mais sans paraître voulue ou étudiée ; on passe d’un protagoniste à un autre sans raison apparente et le lecteur a vite fait de se perdre au milieu de tous ces personnages. ISAKA fait également un rapprochement chronologique entre ce qui se passe sur l’île et ce qui se passe dans la région de Sendai en mêlant l’histoire d’Itô, de son ex-petite amie et du policier Shiroyama qui lui en veut depuis les années de collège. Mais là encore existe un déséquilibre narratif qui rend le récit maladroit et peu crédible.

Enfin, on ne peut s’empêcher de penser à l’œuvre de MURAKAMI Haruki en lisant ce roman. Les références à la musique américaine et au jazz, la confrontation subjective entre le réel et l’irréel, l’onirisme, la simultanéité des faits, la prémonition. Tous ces éléments sont bien présents dans « La prière d’Audubon », mais la facilité d’écriture, la fluidité narrative, l’imagination fertile et la profondeur de MURAKAMI manquent cruellement à ce récit.

Néanmoins, reste l’idée originale et l’épouvantail Yûgo, personnage central du livre qui sauve ce roman par son stoïcisme attachant et sa perception du monde intemporelle.

La Prière d’Audubon sur Amazon.fr

Et vous, quel est votre vote ?
[Total : 5    Moyenne : 5.6/5]

3 Réponses

  1. Qtellim17

    Je ne partage pas cette critique, je trouve sincèrement qu’elle est trop dure d’ailleurs. Il semblerai que « la prière d’Audubon » soit l’une des premières oeuvres de ce jeune auteur; il est normal d’y trouver certaines maladresses, après de là à dire que le récit est peu crédible et que la narration est mal travaillée je ne suis pas d’accord.

    Au contraire je trouve cette approche de l’écriture très intéressante et même je trouve qu’elle rend le récit vivant – après il s’agit du point de vue de chacun – et pour une critique je trouve qu’il est plus maladroit qu’autre chose de « décourager » certains futurs lecteurs sur ce qui reste un avis très personnel. Etant une oeuvre japonaise, je penses également que la traduction en français peut également être à l’origine de ces maladresses et de certaines incompréhensions.

    Pour finir j’aimerai parler du fond plutôt que de la forme (la critique de la forme est pour moi un exercice comparable à de la masturbation intellectuelle et qui honnêtement n’apporte rien de constructif, si ce n’est de dire que les points et virgules sont mal placés: Génial 😀 !). Je trouve l’histoire originale, plus que ça; je la trouve extraordinaire, il est vrai qu’au début j’ai eu un peu de mal à m’y mettre,l’idée d’une île complètement isolée etc. me déboussolée un peu ajouté à cela les noms en Japonais, tout cela me posaient des difficultés, au début. Seulement une fois que l’on se concentre et que l’on commence à lire attentivement ce récit on ne peu qu’être emporté. Sans trop m’avancer je pense que ce Isaka Kotaro est un écrivain à suivre car il est doué d’un énorme potentiel. Ce mélange des genres (fantastique, humour noir, suspens…) est incroyablement maîtrisé, et apporte énormément de richesse au récit. Pour en revenir brièvement à l’organisation du roman, ce mélange entre l’aventure du jeune Îto sur l’île d’Oshigama, et celle de son ex-petite amie, est géniale ! Pourquoi ? Au début on suit l’évolution d’îto sur cette île fantastique, et d’un coup le récit est en « suspend » et l’auteur introduit un cours passage où l’on retrouve l’ex-petite amie espionnée par Shiroyama (avec un suspens je dois dire à couper le souffle !), ce qui donne envie de continuer à lire de plus belle pour savoir ce qui va arriver à l’ex d’Îto.

    Pour finir, et cette fois je jure que c’est fini; je trouve tout simplement ce livre formidable, c’est une critique implicite de la société japonaise et de notre monde contemporain en général intelligente, une démonstration de la violence réelle de notre monde bien ancrée dans l’oeuvre japonaise en général, le suspens est parfaitement amené et maîtrisé. La description des personnages et très intéressante, peu en quantité, mais grande en qualité. Le récit est bon, malgré quelques maladresses de « débutant », les deux histoires qui s’entre-mêlent est un choix très judicieux, et l’écriture est loin d’être trop simpliste ! Il est cependant vrai que les petits esprits plus critique qu’amoureux de la littérature et de la belle écriture auront du mal à lire ce roman (comme un autre) sans chercher à trouver LA « be-bête » qui le contrarie, tout comme ceux qui sont trop flemmard pour suivre deux histoire distinct et perdus dans quelques dialogues (mon dieu, quelle gymnastique intellectuelle :O !), alors oui, pour ces petites têtes je déconseille ce livre, et la littérature en générale. Mais pour ce qui au contraire sont curieux de connaître la littérature japonaise et surtout cherchent un très bon livre, alors je vous le conseil !!! allez bonne lecture à tous !

    P.S.: très, très mauvaise critique…

  2. Je rejoins l’avis du précédent commentateur. Je viens de lire La Prière d’Audubon et ce fut une jolie découverte. A vrai dire, j’ai préféré ce texte aux textes de Murakami que j’ai lus. J’y ai trouvé plus de sensibilité et de poésie. Je n’ai pas relevé de maladresses non plus (mais j’avoue aimer lire des intrigues croisées). Je l’ai également trouvé bien traduit : le texte est très fluide. Une belle découverte, vraiment.

  3. Olivier

    Ce livre est indigeste, et je me suis fait violence pour le lire jusqu’au bout. Certes il s’agit du premier roman de l’auteur, mais je ne comprends pas sa présence dans l’excellente collection Picquier.
    Bien sur il y a des choses intéressantes (l’épouvantail, la funeste histoire des pigeons migrateurs) mais que de longueurs … L’auteur utilise un subterfuge pour nous obliger à lire son roman, à savoir ce que va devenir la petite amie du héros prise dans les griffes du démoniaque inspecteur. Quand à la fin, j’ai ri tellement l’auteur est passé à côté de la plaque : je rêvais que le héros se fasse réveiller par les 3 protagonistes qui seraient parvenus jusqu’à sa maison pour frapper à sa porte, et non, il a préféré (attention spoiler) que le méchant inspecteur se fasse tuer dès ses premiers pas sur l’île. Dommage….

Laisser une réponse