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« La tombe des lucioles »

NOSAKA Akiyuki
« La tombe des lucioles » de NOSAKA Akiyuki

« La tombe des lucioles » de NOSAKA Akiyuki

Mon avis : ★★★★★★★★☆☆ 

 « La tombe des lucioles » est un roman quasi autobiographique d’un des plus grands écrivains japonais de l’après-guerre. Dans ce livre, NOSAKA nous fait vivre l’effroyable bombardement que connut Kobe en 1945 sous les traits de deux enfants : Seita ( un jeune garçon de 14 ans) et sa petite sœur Setsuko. Les deux enfants se retrouvent complètement perdus dans un Kobe dévasté par la guerre, et la mère n’étant plus qu’un amas de chair calcinée, Seita se voit dans l’obligation de subvenir aux besoins de sa petite sœur. Mais vivre dans un monde qui n ‘a plus de lois, un monde dans lequel seuls les plus résistants peuvent encore espérer s’en sortir n’est pas un monde pour les enfants ; les enfants ont besoin de rêves et de jeux, et c’est ce que tentera Seita : Faire vivre à sa petite sœur la vie qui aurait dû être celle d’une petite fille.

La plus grande originalité de NOSAKA Akiyuki est sans aucun doute son langage : le langage du peuple ; dans son œuvre, l’argot est roi. Et c’est ce qui rend ce roman un tant soit peu soutenable et humain. Quoi de plus subtile, pour nous faire prendre conscience que ces personnages ne sont pas de simples personnages de romans aux tirades parfaites et littéraires mais bien des êtres humains réels, que de nous les faire apparaître comme des gens de tous les jours, comme des êtres de la rue ?

On peut penser que NOSAKA a préféré la facilité en choisissant de nous présenter deux enfants errant dans un Kobe complètement dévasté par l’arrogance des adultes, mais il n’a pas eu le choix. Lui-même a connu, étant enfant, la dure réalité de la seconde guerre mondiale, son expérience fut très proche de celle de Seita et jamais il ne pourra l’oublier. Jamais il ne pourra pardonner ce qu’il a vu, que ce soit du côté ennemi ou japonais, le nationalisme japonais est devenu pour lui une aberration.

La grande force de ce livre est de faire se côtoyer dans un même récit l’horreur humaine et l’infinie tendresse que porte Seita pour sa sœur. Même dans les pires moments de son existence, l’être humain, qu’il soit adulte ou enfant, est capable de se sortir d’affaires d’une manière ou d’une autre. Que ce soit par la force, la débrouillardise, l’imaginaire ou l’espoir. A chaque fois qu’un espoir s’évanouit, une luciole s’allume.

Juste un petit avertissement pour ceux qui n’aiment pas trop l’originalité stylistique, outre le fait qu’il se passionne pour l’argot, NOSAKA est aussi reconnaissable par la longueur de ses phrases, ce qui peut être quelque peu déroutant au début mais, une fois le stade de surprise passé, on n’y prête plus trop attention.

NOSAKA reçut pour ce roman le prix Naoki, ce qui le projeta dans les hautes sphères du monde littéraire japonais alors qu’il avait déjà été repéré par MISHIMA Yukio quelques années auparavant pour son singulier roman « Les Pornographes », roman d’un tout autre genre.
« La tombe des lucioles » est devenu « Le tombeau des lucioles » pour le film d’animation réalisé en 1988 par TAKAHATA Isao.

La Tombe des Lucioles sur Amazon.fr

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[Total : 16    Moyenne : 5.4/5]

4 Réponses

  1. Marc

    Je n’ai point lu le roman, mais vu le film qui en a été tiré : d’une grande beauté cruelle, qui rend bien les horreurs de la guerre, ce que vivent ces deux enfants perdus, et qui ne comprennent pas sinon que tout cela est un grand malheur. J’en ai oublié que j’étais devant un film d’animation tant était grande la réalisation, l’histoire ! Je vais donc lire le roman, un de ces jours….

    1. Pierre C.

      Et bien moi, je vais faire le contraire, je n’ai jamais vu le film d’animation et vous m’avez donné l’envie de le découvrir. Alors bonne lecture…

  2. Teddy

    J’ai aussi le film d’animation et malgré son ancienneté il reste un merveilleux film !
    Je lirai donc aussi ce roman car une œuvre comme ça, ça serait bête de passer à coté.

  3. Kuroneko

    J’ai lu ce roman il y a peu et l’histoire de ces deux enfants m’a profondément touchée. Le caractère quasi-autobiographique du récit renforce encore le côté bouleversant.
    Difficile de rester de marbre face aux atrocités que la guerre impose à ces enfants. La guerre bien sûr, et les adultes en général. il n’y a qu’à voir l’attitude mesquine et sans coeur de la tante!

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