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« Le vrai monde »

KIRINO Natsuo
« Le vrai monde » de KIRINO Natsuo

« Le vrai monde » de KIRINO Natsuo

Mon avis : ★★★★★☆☆☆☆☆ 

Le vrai monde, c’est ce monde dans lequel vivent quotidiennement quatre lycéennes tokyoïtes. Chacune a ses petits tracas, sa propre personnalité, ses rêves de jeunes filles et ses craintes de l’avenir. Mais leur but principal est surtout de s’amuser, de se faire des ami(e)s et accessoirement de réussir leurs études afin d’accéder à la meilleure université.

Mais un jour d’août étouffant, l’une des quatre jeunes filles, Toshiko, entend un bruit de bris de verre provenant de la maison voisine. Quelques instants après, elle aperçoit le fils des voisins, que l’on surnomme au lycée « le lombric », sortir de chez lui sans se retourner. Le lendemain, Toshiko apprend que la voisine, la mère du lombric, a été assassinée, le crane éclaté à coups de batte de baseball.

Pour Toshiko et ses trois copines, il n’y a aucun doute, le lombric est le seul coupable possible. Mais pour elles, il n’est pas question de le livrer à la police ; elles ont enfin découvert une personnalité hors du commun et elles espèrent bien entrer en contact avec le jeune matricide afin de connaître et comprendre la raison de son acte.

« Le vrai monde » n’est pas un roman policier comme les autres. Certes, il y a un meurtrier, une victime, des témoins et des enquêteurs, tous les ingrédients sont bien présents, mais KIRINO Natsuo n’utilise pas ces ingrédients dans un schéma classique. Dès le début, on connaît le meurtrier, la raison de son acte et la raison pour laquelle la police piétine dès le début de l’enquête. KIRINO ne tente même pas de décrire la personnalité du meurtrier, d’ailleurs elle l’appelle le lombric, ne lui donne aucun patronyme, afin de le déshumaniser le plus possible. Ce qui intéresse KIRINO, c’est l’attrait qu’un tel meurtrier peut susciter chez quatre jeunes adolescentes typiquement japonaises. Ce n’est pas à proprement parler le syndrome de Stockholm, mais c’est cet attrait morbide que certaines personnes fragilisées ressentent pour un bourreau. Et c’est un excellent choix de la part de KIRINO d’avoir créé quatre personnages au lieu d’un seul. Cela lui permet d’exposer les différentes raisons pour lesquelles une personne peut être attirée par un meurtrier, ainsi que celles pour lesquelles un citoyen est capable de braver la justice et l’ordre juste à des fins d’amusement ou de curiosité.

La façon d’écrire ce récit, même si elle est loin d’être originale, est également assez réussie. Chaque chapitre est une version de l’histoire vue par les différents protagonistes. Procédé qui permet au lecteur d’avoir une vue globale de la personnalité du meurtrier, ainsi que les raisons pour lesquelles ces quatre jeunes filles se sentent irrésistiblement attirées par celui-ci. Ce procédé littéraire a été utilisé par le très grand écrivain britannique John Fowles (1926-2005)pour son roman « L’obsédé » (The collector) paru en 1963. Mais malheureusement, la comparaison s’arrête là, John Fowles avait réussi dans son roman à sonder les profondeurs de l’âme des deux protagonistes, alors que KIRINO Natsuo ne fait qu’effleurer la psychologie des personnages, pour ne pas dire qu’elle bâcle totalement l’aspect psychologique d’un roman qui aurait mérité plus d’acuité.

Autre remarque importante, les Éditions du Seuil persistent dans leur politique d’économie de traducteurs puisque pour la seconde fois, ils ont préféré traduire ce roman à partir de la version anglaise plutôt que de l’originale.

« Le vrai monde » reste cependant un roman agréable à lire, mais ne représente cependant pas la littérature policière typiquement japonaise telle que celle d’un HIGASHINO Keigo ou d’un MATSUMOTO Seichô.

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