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« Manazuru »

KAWAKAMI Hiromi
« Manazuru » de KAWAKAMI Hiromi

« Manazuru » de KAWAKAMI Hiromi

Mon avis : ★★★★☆☆☆☆☆☆ 

 Kei est une jeune mère célibataire qui, tranquillement, observe les premiers pas dans la vie de sa fille unique Momo. Rei, son mari, ne s’est pas enfui avec une autre, il n’est pas mort, il n’a pas voulu échapper à ses devoirs paternels, il a tout simplement disparu. Et c’est ce qui est le plus pénible pour Kei, impossible de faire le deuil de sa relation amoureuse puisqu’elle ne sait absolument pas ce qui a pu arriver.

Un jour, elle décide de prendre le train pour Manazuru, petite ville proche de la mer. C’est en effet un nom qu’elle a pu découvrir à maintes reprises dans le journal intime de son mari. Peut-être y trouvera-t-elle quelque indice sur cette disparition étrange et douloureuse. Dès son arrivée dans la ville, Kei commencera à voir apparaître un étrange fantôme qui semble bien connaître l’histoire de Rei mais ne pas vouloir lui en apprendre plus qu’il n’en faut.

Outre l’histoire nostalgique et sombre de Kei, KAWAKAMI Hiromi nous décrit également la vie de Momo, sa petite fille, qui grandit à son rythme avec la terrible envie de rassembler le plus de renseignements possibles afin de savoir qui était réellement son père. L’entreprise est plutôt difficile, sa mère préférant ne distiller que très peu d’indices à la fois. Mais Momo, sans baisser les bras, tente tout de même de se faire une idée précise de qui a été (et peut-être qui est) son père disparu si tôt.

Comme dans tous les romans de KAWAKAMI, l’accent de la narration n’est absolument pas mis sur une quelconque intrigue, mais plutôt sur l’état psychologique du narrateur qui se retrouve dans une situation bien spécifique. Ici c’est la douleur et l’isolement d’une femme qui n’arrive plus à vivre comme tout le monde, qui ne peut, même si elle essaie, se résoudre à tout oublier, à tirer un trait sur ce qui lui est arrivé. Elle tente du mieux qu’elle peut d’éduquer sa fille, elle essaie même de vivre une relation amoureuse avec le dénommé Seijy, mais rien y fait, le « fantôme » de son mari est trop présent auprès d’elle. C’est pour cette raison qu’elle décide de faire ces quelques voyages en train vers Manazuru. Elle sent au fond d’elle même qu’elle ne pourra jamais combler qui que ce soit sans avoir compris ce qui s’est réellement passé.

Le récit, vous l’aurez compris, est tout sauf captivant dans le sens de la narration, mais par contre, du point de vue littéraire, il est très abouti. Le but de KAWAKAMI est de nous faire sentir ce que ressent quotidiennement Kei, et elle y arrive parfaitement. En lisant « Manazuru », on est tout aussi perdu que la narratrice, le monde extérieur nous paraît totalement opaque, on vit dans un monde où il n’y a plus de place pour nous. Notre vue est déformée (d’où l’apparition très floue d’une femme fantôme tout au long du récit), notre ouïe est mise à mal, comme lors d’un semi réveil. Et c’est exactement la manière de vivre de Rei, elle n’est ni éveillée, ni endormie. Elle se contente de vivre entre le réel et le rêve.

Le seul point négatif à ce récit est sa poésie. KAWAKAMI semble encore se forcer à rendre ses récits les plus poétiques possible mais n’y arrive pas vraiment, alors que pour certains de ses compatriotes comme OGAWA Yoko ou YOSHIMURA Akira, cela semble une seconde nature. Sa structure narrative semble encore imparfaite et ses passages poétiques semblent parfois tombés de nulle part. Mais il est également possible que la traduction y soit pour quelque chose…impossible de trancher.

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