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« Ô vent, ô vent qui parcours le ciel »

TSUSHIMA Yûko
« Ô vent, ô vent qui parcours le ciel » de TSUSHIMA Yûko

« Ô vent, ô vent qui parcours le ciel » de TSUSHIMA Yûko

Mon avis : ★★★★★☆☆☆☆☆ 

 Les relations entre les filles et leurs mères ont de tout temps été difficiles et vu le livre de TSUSHIMA, le Japon ne fait pas exception, ça pourrait même être pire.

Ritsuko Takasé, la narratrice, se retrouvant au chevet de sa mère mourante, se met à se remémorer sa jeunesse et à faire le bilan de sa relation assez tendue qu’elle entretint durant toute sa vie avec elle. Il y a d’abord ses années d’études qu’elle passa avec ses 5 amies qui ont toutes la particularité d’avoir été élevées par leur mère, le père ayant quitté le navire pour l’une ou l’autre raison. Cette amitié à cinq est assez superficielle et TSUSHIMA ne l’évoquera que de temps en temps juste pour nous montrer que Ritsuko, n’est pas complètement isolée du monde. Mais parmi ces cinq filles, il y a Fumiko, avec qui elle entretiendra des relations bien plus profondes. Fumiko vit avec sa mère, jeune femme divorcée assez exubérante et Yamagata, un homme plutôt stable et équilibré, mais qui ne veut aucunement remplacer le père absent et se contente juste d’observer de loin la vie de ces deux femmes.

Les deux jeunes filles se perdront de vue juste après leurs études, l’une rêvant de l’amour parfait et de voyages, l’autre se contentant d’une vie banale et bien rangée, d’un mariage et de maternité. Mais lorsque la mère de Fumiko apprendra qu ‘elle est atteinte d’un cancer et qu’il ne lui reste que très peu de temps à vivre, les deux femmes se retrouveront et pourront ensemble faire le bilan de leur jeunesse toujours aussi présente dans leur esprit.

L’écriture de TSUSHIMA est à mille lieues de ce qui caractérise la littérature japonaise actuelle. A savoir, qu’elle ne se contente pas de quelques lignes pour décrire une ambiance ou des émotions, mais préfère s’étendre sur le sujet, ce qui peut dérouter ou même ennuyer le lecteur qui trouve justement son compte dans cette économie littéraire typiquement japonaise qu’il a l’habitude de lire.

La lecture peut également rebuter le lecteur de par son sujet. L’histoire n’est pas vraiment palpitante ni intéressante en soi, mais elle permet de comprendre assez bien les relations que peuvent entretenir une mère et sa fille. Le lecteur masculin risque de ne trouver absolument rien d’intéressant pour lui, mais par contre, le lectorat féminin risque de prendre un réel plaisir à lire ce très beau roman et à s’en servir comme d’un miroir pour analyser sa propre relation mère-fille. TSUSHIMA prend son temps pour ciseler à la perfection tous les personnages féminins (soit par introspection, soit par description) mais les personnages masculins lui sont complètement étrangers et indifférents, ils ne l’intéressent absolument pas et elle ne les utilise que comme objets de décoration dans ce monde exclusivement féminin. Les hommes apparaissent de temps en temps, ne prononcent que quelques phrases, et la plupart du temps, ne sont là que pour donner un coup de main matériel, pour rendre un service rapide ou, dans le cas du père de Fumiko, pour essayer de se faire pardonner ses anciennes erreurs.
Ceci dit, ce roman n’est absolument pas féministe, il n’y a aucun rapport de force entre les deux sexes, les hommes sont tout simplement absents et exclus de ce monde féminin, de ces relations mères-filles, de cette sphère particulière qu’ils sont incapables de comprendre.

L’autre sujet abordé par TSUSHIMA, surtout dans la dernière partie du livre, est l’accompagnement des malades cancéreux en phase terminale. Mais, heureusement, l’auteure ne tombe pas dans le pathos, elle reste plutôt dans la tendresse et le pardon, dans l’abnégation des personnes qui accompagnent la mourante, dans l’acceptation fataliste de la destinée.

Il est également intéressant de voir dans cette histoire deux sociétés différentes (la française et la japonaise) se rencontrer, essayer de se comprendre, s’entraider dans le chagrin et la douleur. Intéressant aussi de voir comment les Japonais de pure souche et les Japonais vivant à l’étranger et ayant reçu une éducation très différente, voient leur pays natal et ses différentes traditions.

Un livre plutôt lent, pas très facile d’accès mais qui vaut vraiment la peine de par son approche pointue de ses différent sujets qui sont très loin d’être faciles à traiter.

Et pour la petite anecdote, TSUSHIMA Yûko n’est autre que la fille du très grand écrivain DAZAI Osamu qui, vu sa vie très marginale, n’a certainement pas pu consacrer beaucoup de temps à sa fille.
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