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« Pianissimo Pianissimo »

TSUJI Hitonari
« Pianissimo Pianissimo » de TSUJI Hitonari

« Pianissimo Pianissimo » de TSUJI Hitonari

Mon avis : ★★★★★★★☆☆☆ 

 Variation très personnelle sur le thème de la difficulté d’être adolescent de cet auteur japonais qui n’a absolument rien à envier aux très médiatisés MURAKAMI Haruki et OGAWA Yoko. Même si son style est beaucoup moins fluide que celui de ses deux compatriotes, TSUJI Hitonari mériterait sans le moindre doute une belle place au soleil de la littérature contemporaine. On a déjà pu remarquer son style bien particulier dans le remarquable « En attendant le soleil » paru chez Belfond en 2004, ce style où se mêlent la réalité, le rêve et les souvenirs; cette manière de nous balader tranquillement d’une histoire à une autre, d’un monde vers un autre, de la lumière vers l’obscurité la plus profonde.

Et dans « Pianissimo Pianissimo » ce n’est ni l’obscurité ni la lumière qui sont en toile de fond, mais l’entre-deux : la grisaille.
TORU Ujiié est un jeune garçon de 13 ans qui s’étonne de voir sa ville et son école habillées d’une grisaille persistante et inquiétante, et ne comprend pas que ses camarades de classe ne la remarque même pas. Et ce qu’ils ne remarquent également pas, c’est Hikaru, son plus fidèle ami, qui passe son temps à faire le pitre devant toute sa classe mais qui étrangement ne réussit qu’à se faire remarquer par TORU. Et c’est bien normal, Hikaru semble n’exister que dans l’imaginaire du jeune garçon.

La trame de l’histoire est assez simple, un jeune élève vient de disparaître soudainement et tout le monde craint le pire, puisqu’en effet, une jeune élève, qui avait disparue 3 ans plus tôt , a été retrouvée morte étranglée au sein même de l’établissement scolaire. Voyant la police incapable d’élucider l’affaire, les jeunes collégiens décident de monter la garde ensembles et de surveiller toutes les allées et venues proches du collège et principalement celles d’un étrange personnage aperçu au même moment que la disparition du jeune élève, et qui refait surface de temps en temps.

Deux choses étonnantes dans ce livre, ce sont deux ressemblances sans doutes non voulues par l’auteur avec le livre « Les dieux chiens » de BANDO Masako et celui de KAWAKAMI Hiromi « Cette lumière qui vient de la mer ». Dans le livre de KAWAKAMI, on retrouve cette difficulté d’être adolescent et de trouver sa place dans une société le plus souvent incompréhensible. Ce qu’il y a d’étonnant c’est qu’on retrouve également dans ce roman un garçon qui veut s’habiller comme une fille. Ici, c’est plus cocasse qu’autre chose, tandis que dans le roman de TSUJI, cette volonté d’être une fille est psychologiquement beaucoup plus profonde. Le personnage comme le lecteur ne sait pas vraiment si Shirato est une fille ou un garçon, ce qui nous perd complètement, mais TSUJI est là pour nous poser la bonne question : est-ce si important de savoir si on est attiré par une fille ou un garçon, à partir du moment où cela nous comble de joie et nous fait oublier toute cette grisaille ambiante ?

Le rapport avec le livre de BANDO Masako est tout autre. Il est plus en rapport avec l’atmosphère lourde et angoissante du livre. Dans « Les dieux chiens » un des personnages doit, pour se retrouver où le destin le force à aller, traverser l’obscurité la plus épaisse. Cette obscurité totale, TORU devra également l’adopter et la vaincre pour arriver à se sortir d’une impasse existentielle qui l’amènera finalement à retrouver la lumière pure et humaine.

Roman à l’ambiance étrange et en demi-teinte donc, qui, grâce à quelques réflexions, nous encourage à regarder ce qui peut nous paraître étrange avec une vue beaucoup plus lucide, compréhensive et amicale. Roman trouble et parfois compliqué mais bien plus qu’un simple roman sur la crise de l’adolescence, ce récit est plutôt une réelle réflexion sur la tolérance et l’amour.
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1 Response

  1. Kuroneko

    « Pianissimo, pianissimo » est le premier roman que j’ai lu de Tsuji Hitonari. Au début, le style m’a un peu déroutée mais on se trouve rapidement pris par cette atmosphère particulière et trouble.
    Un très bon roman par un écrivain talentueux. Je suis d’accord avec vous, il mériterait d’être plus mis en avant en France, à l’image de Murakami Haruki.

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