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« Les pissenlits »

KAWABATA Yasunari

« Les pissenlits » de KAWABATA Yasunari

Ikuta est une petite ville du Japon où le calme et la nature luxuriante font de l’endroit un réel havre de paix. 35 000 habitants y vivent tranquilles et isolés du monde. À Ikuta, se trouve également un asile de fous situé dans l’enceinte même du temple Jôkô-ji construit au sommet d’une colline. Un hôpital qui accueille des aliénés abandonnés par leurs familles qui ne savent plus comment gérer leurs proches. Le seul lien qui relie véritablement le village d’Ikuta à son asile, est le son de la cloche que seuls les pensionnaires ont le droit de mettre en branle.

C’est cet établissement qui recueillera KIZAKI Inéko, une jeune femme souffrant d’une pathologie rare. Hisano, son amant, et la mère de la jeune femme se sont décidés à la confier à cet asile réputé dans l’espoir de la guérir et de pouvoir ainsi concrétiser leur plan de mariage.

Après avoir quitté Inéko, ils décident de se rendre au village afin d’y passer la nuit dans une auberge et de se remettre d’un long voyage à la fois éprouvant physiquement et nerveusement. Même si l’espoir de voir Inéko guérir en ces lieux est bien présent, la culpabilité de la laisser seule livrée à elle-même ne les réjouit absolument pas. Lors de leur descente vers le village, la nature des lieux les fera commencer un étrange discours sur la folie humaine qu’ils continueront durant une grande partie de la nuit.

Dans cette œuvre inachevée, KAWABATA décrit merveilleusement la nature et son rapport avec l’être humain dans un esprit typiquement japonais et shintoïste. Un arbre pleure sur le chemin du retour, un arbre qui représente la tristesse d’Inéko devant les souffrances qu’elle ressent face aux persécutions des fous de l’asile ; c’est tout du moins ce que pense Hisano, lui aussi noyé dans ses souffrances.

On retrouve également dans ce récit la virtuosité de KAWABATA qui, en quelques lignes, propulse le lecteur dans un univers choisi avec soin, tout comme le fera plus tard YOSHIMURA Akira. Les deux écrivains se sont toujours opposés aux descriptions longues et massives des naturalistes en proposant une alternative psychologique. En ce qui concerne « Les pissenlits », les protagonistes se retrouvent en pleine nature entre une bourgade typique et un temple accueillant un hôpital psychiatrique.

Tous les éléments chers à KAWABATA y sont également présents :

La nature : Le sentier bordé d’arbres étranges où fleurissent des pissenlits à profusion.

La religion : Le temple bouddhiste Jôkô-ji surplombant le village isolé de toute civilisation.

La bourgade isolée : KAWABATA a toujours vécu isolé du monde de par sa triste destinée.

La folie : Une sorte de mort dans le cas de la jeune Inéko qui vie recluse parmi un enfer humain.

Le grand intérêt de ce livre est de constater l’aisance du style et toute la psychologie dont est capable KAWABATA, même s’il n’a pas eu le temps de remanier, de retravailler, de peaufiner son récit. Même si les dialogues entre le beau-fils et sa future belle-mère (qui représentent une grande partie du livre) sont parfois chaotiques et partent dans tous les sens ; le lecteur retrouve quelques perles, parfois cocasses, parfois délirantes, mais qui sentent bon la spontanéité et le désarroi dans lequel se trouvent les deux personnages.

« Les pissenlits » est un inédit inachevé édité plus pour les admirateurs de l’écrivain que pour celui qui voudrait le découvrir, mais la beauté non forcée du style et les idées originales qui n’ont malheureusement pas pu être développées par l’auteur, pourraient toutefois intéresser plus d’un lecteur avide de beauté stylistique et de spontanéité littéraire.

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