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« Svastika »

TANIZAKI Junichirô
« Svastika » de TANIZAKI Junichirô

« Svastika » de TANIZAKI Junichirô

Mon avis : ★★★★★★★★☆☆ 

 KAKIUCHI Sonoko est une jeune femme mariée depuis peu et il semble bien que son couple ne tienne plus qu’à un fragile cheveu. Elle se sent tellement désespérée par sa vie actuelle remplie d’extravagances extra-conjugales qu’elle se rend chez TANIZAKI Junichirô pour lui faire part de ses craintes et de lui raconter la totalité de ses récentes déconvenues. L’auteur, très impressionné par son récit, y voit l’occasion d’en faire un livre et de nous livrer ce somptueux et subversif « Svastika ».

Le « svastika » est un symbole bouddhique représentant une croix qui signifie au Japon l’amour et la compassion. Et de l’amour, il y en a beaucoup dans cette histoire. Mais un amour particulier et assez tabou pour l’époque : l’amour absolu et sans limites entre deux femmes qui sont impitoyablement attirées l’une vers l’autre alors que deux hommes gravitent autour de ces deux beautés fragiles : le mari de Sonoko et le mystérieux Watanuki (qui essaie par tous les moyens de se garder la divinement belle Mitsuko).

Il faut savoir que ce roman est paru pour la première fois au Japon en 1928, et que son thème principal est l’homosexualité féminine. La relation charnelle entre les deux femmes n’est jamais explicite mais ce n’est pas pour échapper à la colère publique que TANIZAKI a décidé de rester si évasif, mais c’est plutôt par pudeur et par immense respect pour la nature humaine qu’il préfère dépeindre ses personnages d’une façon psychologique plutôt que naturaliste.

Du point de vue de la construction et de l’écriture de « Svastika » on voit poindre l’élégance stylistique de l’écrivain qui à cette époque débute une série impressionnante de récits. On sent réellement le feu sacré que TANIZAKI a reçu à ce moment de sa vie. Le récit est fluide et d’une rapidité innovante, à chaque page une nouvelle idée jaillit de l’esprit de l’auteur et tout en sachant que Mitsuko finira par mourir, on est plus qu’impatient de connaître la réelle raison de cette fin tragique. Et une preuve certaine que TANIZAKI est un des maîtres dans la description et la manipulation de l’âme humaine est qu’il est capable de faire gober tout ce qu’il veut, non seulement à tous ses personnages mais également, et c’est ce qui est le plus jouissif ici, à tous ses lecteurs.

La seule personne qui paraît garder les pieds sur terre dans cette histoire excessivement passionnelle est le mari de Sonoko, et c’est sans doute pour cette raison que TANIZAKI (même si l’ombre du mari est constamment présente dans le roman) le laisse de côté en ne le nommant presque jamais ou en lui donnant un surnom idiot « Mister husband » alors que l’on retrouve à chaque page le trio infernal nommé : Sonoko-Mitsuko-Watanuki. C’est sans doute sa manière de nous montrer que seul le passionnel vaut la peine d’être vécu et que le terre-à-terre est essentiellement décoratif et n’est utile que pour mettre en évidence le côté vagabond de l’amour.
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