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« Tsukushi »

SHIMAZAKI Aki
« Tsukushi » de SHIMAZAKI Aki

« Tsukushi » de SHIMAZAKI Aki

Mon avis : ★★★★★★★★☆☆ 

C’est lors de la préparation du treizième anniversaire de sa fille Mitsuba que Yûko, une jeune femme originaire de Kobe, se remémore le cours de sa vie et plus spécifiquement son mariage avec SUMIDA Takashi, le fils du président de la banque SUMIDA, une des banques des plus prestigieuses de Tokyo. Alors qu’elle comptait épouser T. Aoki, un shôsha-man typique (un shôsha-man est un employé de firme commerciale), qu’elle aimait ou, du moins, pensait aimer, un revirement de situation la décide au dernier moment à épouser le fils SUMIDA, un revirement dû essentiellement à la position sociale du fils SUMIDA et qui changera totalement le cours de sa vie.

C’est à l’époque de l’annonce de leurs fiançailles que Yûko découvre qu’elle est enceinte. Non pas de son futur mari, mais bien de T. Aoki. Pour elle, la question de l’avortement ne se pose même pas et annoncer franchement l’événement à son fiancé lui paraît la meilleure chose à faire afin d’éviter que sa future vie matrimoniale ne débute sur un énorme mensonge. La réaction de Takashi surprend la jeune mère ; pour lui, il n’est pas question d’annuler ce mariage, il n’en voit pas la raison et il promet de prendre soin de l’enfant comme s’il était vraiment de lui.

Les secrets, les mensonges et l’identité sont toujours au centre de l’œuvre de l’auteure canado-japonaise qui arrive à chaque fois à reformer, à recréer une interactivité entre ces trois sujets qui lui sont chers et qui finissent par former un édifice dense, original et important.

Et quel bonheur à chaque fois de retrouver tous ces mots et expressions japonais si doux à l’oreille regroupés dans un glossaire en fin de volume. SHIMAZAKI Aki est peut-être la seule (de par ses origines japonaises et sa langue d’écriture) à pouvoir rapprocher le français et le japonais d’une manière aussi naturelle et envoutante, de pouvoir rapprocher ces deux cultures à la fois si différentes et si admiratives l’une pour l’autre. Ces cultures qui se mélangent allégrement tout au long de « Tsukushi » : Montréal, Paris, Tokyo, Bruxelles, Kobe, Sapporo, Londres…

Un exemple de cette tendance amicale souvent rencontrée entre ces deux cultures : un lustre qu’une invitée à l’anniversaire de Mitsuba remarque et compare à celui qu’elle a déjà vu chez Mishima et qui fut en fait acheté par le beau-grand-père de Yûko à Londres au début des années 1950. Ce Mishima Yukio que l’on rencontre de temps en temps au cours de la lecture de « Tsukushi », errant comme un fantôme grandiose et inévitable entre ces deux civilisations qu’il connut si bien et qu’il adora sans aucune mesure.

« Tsukushi » est un court récit d’une simplicité grave et naturelle comme nous a habitué SHIMAZAKI Aki depuis de longues années. Une écriture très travaillée qui ne demande au lecteur que de se laisser bercer par une musique sombre, éthérée et faussement légère. L’œuvre de SHIMAZAKI est architecturale, l’auteure pose ses matériaux afin de créer un édifice d’une beauté délicate et d’une profondeur toutes deux prêtes à perdurer aussi longtemps que l’homme sera homme et qu’il n’osera jamais se mettre totalement à nu.

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