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Un crime moderne

Ryūnosuke AKUTAGAWA
« Un crime moderne » de AKUTAGAWA Ryūnosuke

« Un crime moderne » de AKUTAGAWA Ryūnosuke

Un recueil de nouvelles (seules deux d’entre elles sont critiquées ici)

Un crime moderne (1918)

     Dans une introduction, il est dit que c’est par l’intermédiaire d’un testament légué au narrateur que l’histoire du personnage principal va nous être racontée. Un testament. Cela signifie que dès le départ, le lecteur est informé par une tierce personne que le protagoniste central n’est plus de ce monde. C’est brillant.

     Il s’agit ici d’un amour secret et contrarié. Le protagoniste en question était amoureux d’une jeune femme mais il a décidé de se sacrifier pour elle, en faisant tout pour qu’elle puisse être heureuse avec un autre homme, celui qu’elle aimait. « Tout », en l’occurrence, c’est aller jusqu’à tuer quelqu’un, c’est-à-dire la personne qui faisait obstacle à la concrétisation de son plan. Il n’a vécu que pour cet objectif, jusqu’à ce qu’il l’atteigne. En croyant faire le bien, en pensant faciliter le bonheur d’une femme, il est devenu un assassin. Et il le devenait si profondément qu’il était prêt à prendre une vie pour la seconde fois. C’est finalement lui-même qu’il a tué.

Un mari moderne (1919)

     Le narrateur vient de rencontrer un vieil homme et écoute la confession que ce dernier lui fait. Contrairement à ce que l’on pourrait s’y attendre, cette confession ne raconte pas la propre histoire du vieillard mais relate celle d’un autre homme. Le témoignage se base sur des souvenirs mais c’est parfois le personnage principal qui intervient, qui s’exprime directement, cette tierce personne encore, le « mari moderne » du titre donc.

     Comme pour la plupart des écrivains japonais de cette époque, la question de la modernité du Japon depuis 1863, depuis le début de l’ère Meiji, est un thème important chez Akutagawa. La société a changé si vite qu’elle a engendré de nouveaux comportements qui n’avaient pas cours auparavant. Cette fois, c’est du comportement étonnant d’un homme face à l’adultère de sa femme dont il s’agit. C’est une nouvelle forme d’attitude, mélancolique, résignée, ambivalente, déjà fatiguée. Le mari moderne est au départ un romantique qui souhaite que l’amour véritable soit au cœur de sa vie conjugale. Il tombe amoureux d’une féministe, une femme de la nouvelle ère, et quand il comprend qu’elle a un amant, au lieu de réagir comme l’aurait fait un Japonais de l’ancien temps, c’est avec une tristesse compréhensive, une distance douloureuse, qu’il vit cette trahison. Comme s’il était incapable de se battre, encore moins de punir, trop doux, trop fragile pour cela.

     Le décor est toujours aussi important chez cet auteur. La rivière Sumida accompagne le récit par touches régulières, symbolistes.

     Je retrouve ici ce que j’avais découvert dans les premières nouvelles que j’ai lues de Akutagawa : des personnages au bord de la folie, toujours tourmentés, soit par ce qu’il y a en eux, soit par quelques raisons extérieures qui les dépassent. Une obsession, une fuite en avant. Et toujours ces récits enchâssés en guise de construction narrative.

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