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« Zakuro »

SHIMAZAKI Aki
« Zakuro » de SHIMAZAKI Aki

« Zakuro » de SHIMAZAKI Aki

Mon avis : ★★★★★★★☆☆☆ 

 Un épisode peu connu de l’histoire du Japon lors de la seconde guerre mondiale est la déportation des Japonais qui se trouvaient en Mandchourie vers les camps de travail de Sibérie pour le compte des soviétiques. Il y aurait eu 600 000 Japonais qui se seraient retrouvés dans ces camps et environ 60 000 y seraient mort. C’est de cette page sombre et taboue de l’histoire du Japon que SHIMAZAKI Aki s’inspire pour son dernier roman « Zakuro ».

Toda Tsuyoshi est un quadragénaire qui n’a plus eu de nouvelles de son père depuis 1942, époque à laquelle il aurait dû retrouver son père revenu d’URSS comme tant d’autres déportés japonais. Mais après avoir attendu et espéré pendant de longs mois, la famille se fait une raison et décide de vivre sans leur père qui a dû, comme tant d’autres, mourir de maladies ou de fatigue dans ces camps de travail. Mais dans cette famille, une personne est persuadée que le père est bel et bien vivant et qu’il finira bien par revenir un jour, mais cette personne est la « veuve » du père et, étant atteinte d’Alzheimer, plus personne ne prête vraiment attention à ce qu’elle dit ou pense.

Mais un beau jour, Tsuyoshi apprend de son meilleur ami, Koji, que son père est bien vivant, qu’il l’a vu aux Etats-Unis et qu’il vit actuellement à Yokohama, non loin de Tokyo. Tsuyoshi, après mûres réflexions, décide de contacter son père et de lui demander le pourquoi de sa fuite et s’il est bien conscient de la cruauté de son acte. Le père se sentira obligé de lui avouer son terrible secret que seules deux personnes connaissent.

SHIMAZAKI Aki qui habite actuellement au Canada reste très ancrée au Japon de par ses différents récits qui à chaque fois surprennent par leur simplicité et leur pureté mais également par l’incroyable maîtrise qu’a l’auteure de la langue française.
Et d’ailleurs, dans « Zakuro », elle joue admirablement avec les deux langues. il y a déjà ce petit glossaire à la fin du livre qu’il est très utile, voire obligatoire de consulter pendant la lecture mais il y a également ce mot « Zakuro » qui revient constamment dans le récit. Zakuro signifie le grenadier ou son fruit, la grenade. On le retrouve sous toutes ses formes dans le livre, que ce soit l’arbre ou le fruit, son sens symbolique ou sa couleur, mais également sa double signification en français : le fruit et l’arme de destruction.

Un roman très tendre qui tourne autour de la relation entre la mère et le fils. Le fils qui respectera jusqu’au bout sa mère et son espoir de revoir son mari, qui jamais ne la jugera même si elle est atteinte de sénilité et qui l’accompagnera jusqu’au bout de cet espoir. Aucun jugement non plus pour son père alors qu’il aurait pu lui en vouloir de les avoir laissés seuls et dans le besoin. Certaines décisions dans une vie sont difficiles à prendre et à comprendre mais il est inutile de juger avant d’essayer de comprendre.

Très beau roman sur les relations entre un fils et ses parents que l’histoire n’a pas épargnés mais qui restèrent dignes même quand l’espoir n’était plus partagé.

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